Violences faites aux enfants dans le périscolaire : à Rouen, les élus insoumis veulent briser le silence
Au printemps, trois agents de la Ville de Rouen ont été suspendus pour des soupçons d’agressions sexuelles sur des enfants, à la crèche Pierre de Lune et dans le périscolaire de la maternelle du Hameau des Brouettes. La municipalité a commandé un audit, dont les résultats sont attendus fin octobre.
Pour les quatre élus insoumis du conseil municipal, cela ne suffit pas. Ils proposent la création d’une mission d’information et d’évaluation transpartisane sur les violences faites aux enfants dans le périscolaire. Il leur faut neuf signataires pour la présenter : ils ont écrit à tous les élus, à l’exception de ceux du Rassemblement national.
« La mission d’information permet d’aller plus loin que l’audit. » (Elsa Moutet, élue insoumise)
Maxime Da Silva, coprésident du groupe, veut pouvoir « aller dans les établissements scolaires » pour « faire appel à la libération de la parole » : « il y a besoin que le pouvoir politique porte un message clair, qu’il est inadmissible qu’il y ait autant de violences faites aux enfants ». Julien Vanhée, élu insoumis et conseiller principal d’éducation, insiste sur la nécessité d’« analyser les outils mis en place et favoriser le “aller vers” pour écouter la parole des enfants ».
L’institution face à elle-même
Un audit, c’est l’institution qui s’examine elle-même, à son rythme et avec ses outils. Une mission d’élus, c’est la possibilité d’un regard extérieur et d’une parole publique. Toutes les institutions qui accueillent des corps vulnérables (l’école, l’hôpital, la prison) ont la même pente : se protéger d’abord. Écouter les enfants, aller les chercher plutôt qu’attendre qu’ils parlent, c’est renverser cette pente.
Le groupe insoumis a profité de sa rentrée pour défendre ses autres priorités : réquisition de logements vides, défense des services publics, vote contre la hausse des tarifs des transports, gratuité des cantines. Une opposition de gauche qui fait son travail, et qui rappelle que la protection de l’enfance n’est pas une affaire de communication.