« Regards sur la Palestine » : à Rouen, un millier de spectateurs contre l’effacement
Du 2 au 4 octobre, l’AFPS Rouen organisait la 7e édition du festival « Regards sur la Palestine ». L’association revendique environ un millier d’entrées. Au programme, outre les films : un défilé de sept femmes portant des photographies de broderies, une conférence-débat avec Muzna Shihabi, membre du Centre arabe de recherche et d’études politiques de Paris et journaliste à Blast, une rencontre avec le distributeur du film « Qui vit encore », et une connexion en visioconférence avec son réalisateur, à Gaza.
Le dimanche, un partenariat avec la Fabrique des savoirs, musée industriel de la Métropole, a permis la projection d’un film sur la broderie, des ateliers animés avec l’AFPS d’Elbeuf et des brodeuses, et une exposition de robes palestiniennes brodées accompagnée de textes sur le tatreez. Le festival s’est prolongé hors les murs avec des projections du « Clown de Gaza » en Seine-Maritime et dans l’Eure, et une table de la librairie La Tonne a accompagné tout l’événement.
Broder la mémoire
Le tatreez, la broderie palestinienne, n’est pas un folklore : chaque motif dit un village, une région, une lignée. Quand des villages ont été rayés de la carte, ce sont souvent les robes qui en ont gardé la trace. Exposer ces robes dans un musée de la métropole rouennaise, c’est donner une place publique à une mémoire qu’on s’emploie, ailleurs, à faire disparaître.
Un réalisateur qui parle depuis Gaza à une salle de Rouen, un millier de spectateurs, des ateliers où l’on apprend un point de broderie : rien de spectaculaire, et c’est précisément ce qui compte. La culture palestinienne n’a pas besoin qu’on parle à sa place ; elle a besoin de salles, de musées et de publics. Rouen, cette année encore, les lui a donnés.
Sources
- 7ème édition du festival du film palestinien "Regards sur la Palestine" à Rouen (nouvel onglet)
Association France Palestine Solidarité