Aller au contenu
Insoumis normand
Luttes sociales

Maëlys, 16 ans, lycéenne à Caen : « On a l’impression de ne pas être écoutés du tout »

Par G.J

Le 26 octobre, les organisations lycéennes étaient reçues à Matignon par le Premier ministre Sébastien Lecornu, avec la refonte de Parcoursup sur la table. Trois jours plus tôt, des cadres de la mobilisation avaient été reçus à l’Élysée, où Emmanuel Macron a promis des « décisions concrètes » après avoir entendu les « attentes légitimes » de la jeunesse.

À Caen, Maëlys, 16 ans, élève de terminale au lycée Jean-Rostand, n’attend pas grand-chose de ces rendez-vous. Elle faisait partie de la délégation lycéenne reçue début octobre par la rectrice de Normandie.

« J’ai vraiment eu l’impression qu’ils nous parlaient dans le vide. La rectrice nous disait que tout ce qu’on revendiquait, ça se passait plus haut et pas à son niveau à elle, donc elle pouvait rien faire. » (Maëlys)

« Aucune solution ou proposition n’a encore été présentée, regrette-t-elle. On est encore plus en colère car on a l’impression de ne pas être écoutés du tout. » Elle espère que les blocus reprendront dès la rentrée du 2 novembre, malgré la peur du bac chez certains camarades : « Si on a bloqué jusque-là pour nos revendications, si on arrête de bloquer, ça aura servi à rien. Faut maintenir la pression. »

Une génération qui apprend la politique

Il y a dans les mots de Maëlys une leçon de science politique que bien des adultes ont oubliée : l’institution qui reçoit n’est pas toujours l’institution qui écoute. Être reçu, c’est parfois seulement être géré. La rectrice renvoie « plus haut », l’Élysée promet, Matignon consulte, et pendant ce temps les blocus sont dispersés et les manifestations interdites.

Ce que réclament ces lycéens, la fin d’une plateforme vécue comme un tri social, des moyens pour l’école, n’a rien d’extravagant. Ce qui inquiète le pouvoir, c’est qu’ils l’exigent ensemble, et qu’ils aient compris que la pression est la seule langue que l’on entend. Une jeunesse qui refuse de se résigner est la meilleure nouvelle de cet automne normand.

Sources

  1. "On est encore plus en colère" : Maëlys, élève de terminale à Caen, espère que le mouvement lycéen va se poursuivre (nouvel onglet)

    ici.fr