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Insoumis normand
Police et justice

Alençon : une lycéenne tenue à la gorge, la gauche demande des comptes, le RN applaudit la police

Par G.J

Le 29 septembre, journée nationale de grève, plusieurs centaines de jeunes se sont mobilisés devant le lycée Marguerite-de-Navarre à Alençon. La situation a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Selon Ouest-France, cité par Angers Info, des vidéos montrent des charges policières, l’usage de gaz et des gestes de contrainte. Cinq jeunes ont été placés en garde à vue ; un policier et un gendarme ont été légèrement blessés.

L’eurodéputée insoumise Emma Fourreau s’est saisie de l’affaire après la diffusion d’images montrant notamment une lycéenne maintenue à la gorge par un policier. Elle a annoncé un signalement à la procureure de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Le PCF de l’Orne, par la voix de son secrétaire départemental Nicolas Ledentu, réclame la transparence et le plein respect des droits des cinq gardés à vue ; le NPA de l’Orne dénonce une « répression policière particulièrement violente ».

La préfecture assure que l’intervention s’est déroulée dans le cadre réglementaire, et que l’usage de la force était « nécessaire et proportionné » face à un groupe prenant les policiers à partie. À droite, le conseiller municipal RN Oscar Piloquet a apporté son soutien aux forces de l’ordre et mis en cause la mobilisation lycéenne.

Ce que dit le geste

Une main sur la gorge d’une adolescente n’est pas un détail de maintien de l’ordre. C’est un message adressé à une génération entière : voilà ce que coûte de sortir du lycée pour prendre la parole. La préfecture parle de proportionnalité ; la proportion, ici, oppose des lycéens à des professionnels armés et protégés par l’institution.

La réaction de l’élu RN est instructive. Face à des images de mineurs malmenés, le réflexe n’est pas l’inquiétude mais le soutien inconditionnel à la force. C’est la promesse que porte l’extrême droite : non pas « l’ordre », mais l’impunité de ceux qui le font respecter. Dans un pays où l’on interdit déjà des manifestations, où un avocat rouennais dénonce des nuits en cellule infligées à des mineurs sans nécessité, cette promesse n’a rien d’abstrait : elle prolonge une pente que nous descendons déjà. Le travail d’élus comme Emma Fourreau, qui saisissent la justice plutôt que de détourner le regard, est l’un des derniers garde-fous.

Sources

  1. À Alençon, le PCF, le NPA et LFI demandent des comptes après les affrontements au lycée (nouvel onglet)

    Angers Info