À Caen, manifester était interdit : 8 000 à 10 000 personnes l’ont fait quand même
Le préfet du Calvados avait interdit tout rassemblement dans le centre-ville de Caen et le quartier de la gare, de 9 h à 22 h, le 24 octobre, comme à Alençon et à Flers. Il disait redouter une « dynamique émeutière voire insurrectionnelle ». La Ligue des droits de l’homme, le Syndicat des avocats de France et Sud Industrie Normandie Mayenne ont attaqué l’arrêté en référé ; le tribunal administratif de Caen a rejeté leur recours le matin même. Les contrevenants s’exposaient à une amende d’au moins 135 euros.
« L’argument sécuritaire est pris comme un prétexte. » (Dominique Mari, à ici Normandie)
Les syndicats ont maintenu l’appel. Sous la pluie, 8 000 personnes selon la préfecture, 10 000 selon la CGT, ont défilé contre la vie chère et pour des moyens pour l’éducation. En milieu d’après-midi, la préfecture elle-même ne relevait « aucune hostilité, ni dégradation ». Des tensions ont éclaté en fin de journée, avec des jets de projectiles et des feux ; la préfecture a compté 16 interpellations.
L’interdiction de manifester devient un outil ordinaire de gestion des colères sociales, validé par le juge au nom d’une menace annoncée. Ce que Caen a montré samedi, c’est que des milliers de personnes refusent désormais que l’exception devienne la règle : on ne demande pas la permission de dire que la vie est trop chère.
Sources
- Le tribunal administratif de Caen rejette le référé, la manifestation du 24 octobre reste interdite à Caen (nouvel onglet)
ici.fr
- PHOTOS - Mobilisation du 24 octobre : à Caen, 8.000 personnes malgré l'interdiction, 16 interpellations (nouvel onglet)
ici.fr
- Manifestations du 24 octobre. À Caen, malgré l’interdiction du centre-ville, près de 10 000 personnes ont défilé (nouvel onglet)
Ouest-France
- 10 000 manifestants, des interpellations et un feu devant la mairie : le bilan de la mobilisation du 24 octobre à Caen (nouvel onglet)
Actu.fr