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Insoumis normand
Police et justice

À Caen, Emma Fourreau refuse le rassemblement du maire : « Pas un seul mot sur les violences policières »

Par G.J

Le 17 octobre, la manifestation contre la vie chère a rassemblé à Caen entre 10 000 et 30 000 personnes selon les sources, et des centaines de milliers dans tout le pays. En fin de journée, une parfumerie a été pillée et la police municipale caillassée. Le maire, Aristide Olivier, a appelé à un rassemblement le lundi midi sur le parvis de l’hôtel de ville pour dénoncer ces violences.

Emma Fourreau, eurodéputée La France insoumise et conseillère municipale d’opposition, a annoncé sur ici Normandie qu’elle n’y participerait pas. Elle retient d’abord des « cortèges massifs, joyeux, avec des revendications extrêmement claires », et un « immense succès ». Puis elle pointe ce que l’initiative municipale passe sous silence.

« Il n’a pas un seul mot sur les violences policières. On a par exemple un jeune homme qui a le crâne fracturé, il a 20 ans, il a été matraqué au visage par la police avec sept points de suture. » (Emma Fourreau)

Face au Sephora pillé, elle dit voir « surtout une misère sociale qui s’exprime », et qualifie le rassemblement du maire « d’assez hypocrite ». Les revendications, rappelle-t-elle, sont connues : l’abrogation de Parcoursup, « plateforme de tri social », et 10 milliards d’euros pour la jeunesse.

Des vitrines et des corps

Toute la question est là : quelles violences mérite-t-on de voir ? Une vitrine brisée suscite un rassemblement officiel ; un crâne fracturé par une matraque, rien. Cette hiérarchie n’est pas un oubli, c’est une vision du monde, celle où l’ordre se mesure à l’état des devantures, et où la colère des pauvres n’est lisible que comme désordre. Ceux qui ont étudié la violence d’État le savent : elle se reconnaît d’abord à ce qu’elle rend invisible.

Cette indignation sélective prépare un terrain dangereux. Une extrême droite qui accéderait aux responsabilités n’aurait rien à inventer : le partage entre les dégâts qui comptent et les blessés qui ne comptent pas serait déjà installé, validé par des élus qui se disent républicains. Refuser de s’y associer, comme le fait Emma Fourreau, c’est refuser que ce partage devienne le sens commun.

Sources

  1. Violences à Caen : la députée européenne LFI Emma Fourreau qualifie "d'hypocrite" le rassemblement prévu ce lundi (nouvel onglet)

    ici.fr